Enfin de l'eau potable et des sanitaires pour un petit îlot dans la ville

La communauté de pêcheurs située sur l'île du Niger dispose désormais de latrines. (c) Yassi Diaby

Dans la capitale malienne, Bamako, le fleuve Niger traverse les différentes communes. Sur le Niger, il y a aussi quelques petites îles, au milieu de la ville. Il y a environ 40 ans, une communauté de pêcheurs appartenant à l'ethnie Bozo, un peuple de pêcheurs, s'est installée sur l'une de ces îles. 

Gaoussou Konta, 52 ans, est le Chef des ménages du campement Bozo de Badalabougou.

Son témoignage : « Ce campement est un  petit ilot situé au long du fleuve Niger et habité par des pécheurs essentiellement d’ethnie Bozo et Soumano.  Nous comptons en ce jour environ 340 personnes dans ce campement. Avant,  nous vivions dans une situation  paradoxale car on vit sur une petite  île de fleuve Niger en plein cœur de la ville de Bamako, mais on n’avait pas accès à l’eau potable ni à  l’assainissement. On était dépourvues de tout service de base, la SOMAGEP (société de gestion de l’eau potable) ne nous a jamais approché et les Maires ne nous ont jamais considères dans leurs plans d’investissement et de développement communal. On n’avait pas d’autres choix que de puiser directement l’eau du fleuve ou de se rendre dans des quartiers voisins pour s’approvisionner auprès des bornes fontaines privées. Nous étions dans une situation très difficile et exposés à des risques de maladies. Aussi, la défécation à l’air libre était notre seul moyen en cas de besoins et cette situation était encore plus difficile pour les femmes et personnes âgées. Cela fait longtemps que nous avons cherché à résoudre ces problèmes mais nous n’avons pas pu trouver de solutions pour la simple raison que les moyens manquent. 

C’est ainsi que, nous avons été contacté par les ONG Join For Water et ADéCB, pour évaluer nos besoins en matière d’approvisionnement en eau potable et en assainissement. Partant de là, le campement a été retenu pour la réalisation de deux types d’ouvrages : un point d’eau et deux blocs de latrine. Mais, avant les réalisations, des agents de Join For Water, ADéCB et nos représentants sont allés informer et demander l’autorisation et l’accompagnement de la mairie (commune V du District de Bamako), et la mairie a accepté.  

Nous sommes les plus heureux du monde parce que les ouvrages réalisés ont donné  la joie de vivre dans notre campement. Nous n’allons plus traverser le fleuve pour chercher de l’eau car nous avons notre point d’eau potable et des jolies latrines que nous utilisons. Grâce aux sensibilisations, nous avons beaucoup appris et nos comportements en terme d’hygiène et d’assainissement ont beaucoup changé : lavage des mains aux sorties des toilettes, l’utilisation des pots pour les enfants, l’utilisation des latrines, le balayage des cours etc.
Aujourd’hui, notre campement est devenu un modèle pour les autres, nous recevons chaque jour des visiteurs. Au nom de l’ensemble des populations du campement Bozo je dis un grand merci à Join For Water et son partenaire pour avoir pensé à nous. »

Texte: Awa Traore, Join For Water